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📗 [Youtube, l’envers du dĂ©cor] Jeux d’influence

Temps de lecture : 19 minutes

Lisez bien la présentation du contexte de cette série avant de commencer.

J’en avais dĂ©jĂ  parlĂ© : les relations dans le YouTube Game sont trĂšs artificielles. On se frĂ©quente parce qu’on a des abonnĂ©s, ou parce qu’on aborde les mĂȘmes thĂšmes. Il n’est pas rare d’y voir des gens aux idĂ©es diamĂ©tralement opposĂ©es se faire de grandes embrassades en public. Ce serait une forme de talent si ce n’Ă©tait pas si ridicule et surjouĂ©…

Le simple fait d’ĂȘtre en contact avec un vidĂ©aste influent est dĂ©jĂ  considĂ©rĂ© comme une rĂ©ussite en soi. Beaucoup, beaucoup de gens courent aprĂšs la lumiĂšre. Il y a donc une demande. Et de l’autre cĂŽtĂ©, les plus gros influenceurs ont un temps limitĂ© et des choix Ă  faire sur leurs relations. Ce qui peut dĂ©finir une offre.

Offre, demande : Et voilĂ  un marchĂ© ! Et pas n’importe lequel : Un marchĂ© d’influence.

Pour illustrer ça, je vais vous raconter une petite anecdote.

Il y a longtemps, un vidĂ©aste a rĂ©alisĂ© une vidĂ©o sur commande d’un gros influenceur. Le prix ? Il nous avait semblĂ© dĂ©placĂ© d’en parler de prime abord. Mais quand aprĂšs avoir commencĂ© le travail nous l’avions Ă©voquĂ©, voilĂ  en substance la rĂ©ponse que nous avons obtenue :

« Haha avec toute la visibilitĂ© que je te donne tu voudrais quand mĂȘme pas que je paye ? »

Ce style d’anecdote fait fureur sur la toile, car « ĂȘtre payĂ© en visibilitĂ© c’est le maaaaaal c’est l’exploitatiooooooon« … Parfois oui, c’est vrai, mais je serais plus modĂ©rĂ© sur la question, et je vais vous expliquer pourquoi :

Je suis parfaitement conscient qu’il est dans l’air du temps de se plaindre des services payĂ©s en visibilitĂ©, mais il ne faut pas tout confondre. Quand une immense sociĂ©tĂ©, qui a les reins solides, use volontairement de son influence pour exploiter le travail d’un artiste sans le rĂ©munĂ©rer, c’est dĂ©rangeant et je le comprends. Mais la plupart des influenceurs ont des moyens mais qui restent limitĂ©s. N’oubliez pas que tout ce monde repose sur des promesses ! Des hypothĂšses de croissance, toujours plus loin, toujours plus haut. Aussi, un influenceur qui partage sa visibilitĂ© avec un tiers n’a peut-ĂȘtre rĂ©ellement que cela Ă  offrir.

Et pour avoir baignĂ© dans le milieu pendant prĂšs d’une dĂ©cennie, je vous garantis que beaucoup doivent tout le dĂ©marrage de leur carriĂšre de vidĂ©aste prĂ©cisĂ©ment Ă  des partenariats de visibilitĂ© (voire Ă  leur couple, mais bon ça hein bref). Ne jetons pas la pierre trop vite, et comme je le dis souvent, ne cĂ©dons pas Ă  l’Ă©motion et gardons du discernement. Si ma carriĂšre n’avait pas Ă©tĂ© fichue en l’air, je n’aurais pas du tout Ă©tĂ© contre un partenariat de visibilitĂ© avec un Ă©norme influenceur.

Cela arrange tout le monde :

  • Les influenceurs gagnent l’argent des pubs de la vidĂ©o sans rien faire
  • L’invitĂ© se fait connaĂźtre et se construit une base lui permettant Ă  son tour d’avoir les volumes de vues suffisants pour s’assurer un revenu
  • Et le public peut dĂ©couvrir de nouveaux talents
  • En prime, cela donne une image « trop sympa trop cool » du milieu, un genre de gigantesque village oĂč tout le monde se connaĂźtrait et s’apprĂ©cierait. Ce n’est plus YouTube, mais le monde magique de Oui-Oui. Et tout le monde veut voir ça. Parce qu’on a tous nos problĂšmes dans la vie, dans le travail; ce qu’on recherche dans le divertissement c’est d’oublier un peu notre condition, voire de nous faire rĂȘver. Ce n’est pas un mal !

Ça c’Ă©tait pour la thĂšse. Et maintenant, comment est-ce que tout ce conte de fĂ©es pourrait-il lamentablement dĂ©raper ? C’est trĂšs simple, n’oublions pas que les jeunes qui peuplent ce milieu n’ont pas toujours tous l’Ă©thique et le recul nĂ©cessaires pour le prĂ©server.

  • La tentation est grande pour les gros influenceurs de ne plus produire de contenu qualitatif. En effet, pourquoi se fatiguer alors qu’un contenu putassier et superficiel (mais bourrĂ© de rĂ©fĂ©rences de culture de masse pour attirer les gosses) gĂ©nĂšre revenus, visibilitĂ© et engagement ? A partir de lĂ , puisqu’on peut payer en visibilitĂ©, pourquoi se priver de dĂ©lĂ©guer un maximum ? On pourrait mĂȘme imaginer un vidĂ©aste qui ne produirait presque plus de contenu seul mais se reposerait sur des « camĂ©os » payĂ©s en visibilitĂ©… Public, c’est toi la monnaie d’Ă©change dans tout ça. C’est ton attention qu’on manipule et qui est ainsi revendue et utilisĂ©e. Quant Ă  la qualitĂ©, elle risque fort de passer aprĂšs…

 

  • L’invitĂ© pourrait lui aussi ne pas jouer le jeu franco. L’hypocrisie servant de porte d’accĂšs Ă  cette visibilitĂ© tant dĂ©sirĂ©e. Et j’irais mĂȘme plus loin : Une fois la collaboration rĂ©alisĂ©e, l’invitĂ© a encore un coup Ă  jouer. Un sale coup, mais qui peut rapporter gros. Trahir, et dĂ©noncer pour X ou Y raison (fondĂ©e ou non, de toutes façons peu vĂ©rifieront) l’influenceur qui l’a fait connaĂźtre, crĂ©ant ainsi de toutes piĂšces une nouvelle fontaine de visibilitĂ©. Car oui, on peut rĂ©ellement surfer sur le positif comme le nĂ©gatif. Et encore une fois, public c’est toi, toi qui lis ces lignes, qui est la monnaie d’Ă©change. C’est notre capacitĂ© Ă  nous intĂ©resser aux dramas puĂ©rils de ce milieu, et par extension nos clics, nos abonnements/dĂ©sabonnements etc, qui gĂ©nĂšrent ce marchĂ© de la visibilitĂ© nĂ©gative. Un clash, ça peut parfois rapporter gros. La question Ă©tant : « Est-ce vraiment le milieu vidĂ©o qu’on mĂ©rite » ?

 

  • CĂŽtĂ© public, comme chacun le sait il est versatile. Il peut tout Ă  fait se prendre d’affection pour le dernier venu, et laisser tomber dans l’oubli celui qui l’a fait connaĂźtre. C’est vieux comme le monde… Mais c’est bien normal. Notre attention nous appartient. Elle ne devrait pas ĂȘtre monnayĂ©e par d’autres. Cela peut Ă©galement dĂ©river, mais d’une maniĂšre inattendue : A force de voir se multiplier les nouveaux visages, il y a une forme de dĂ©shumanisation. On zappe. De plus en plus, et de plus en plus vite. YouTube est un monde bruyant, trĂšs bruyant, et oĂč le public disponible augmente moins vite que le nombre de youtubeurs suffisant Ă  les distraire. Et pour maintenir notre attention, les vidĂ©os se font plus rythmĂ©es. Vraiment beaucoup plus rythmĂ©es. Pardonnez-moi, mais quand je vois un type qui n’articule plus tant il parle vite, qui enchaĂźne les blagues convenues pour limiter le temps de rĂ©flexion et maximiser l’attention, j’ai l’impression d’ĂȘtre pris pour un chien. Oui, le chien Ă  qui on parle d’une voix aigĂŒe pour capter son attention quand on joue Ă  la baballe. Nous autres YouTubers, c’est un peu pour ça qu’on vous prend des fois… J’aimerais faire mon mea culpa sur ce point. Dans le milieu, les vues comptent plus que tout. Et ceux qui vous prĂ©tendent le contraire sont les premiers Ă  flatter les gros influenceurs dans l’espoir d’avoir un peu de visibilitĂ©. Ainsi, il y a cette tendance Ă  vouloir faire des vidĂ©os toujours plus putassiĂšres, suivre les thĂšmes qui marchent (qu’on les maĂźtrise ou non), etc…

Je le reconnais, il y a longtemps j’avais moi-mĂȘme un peu cĂ©dĂ© Ă  cette tendance. Pour suivre la croissance formidable du milieu, j’ai encouragĂ© et participĂ© Ă  faire des vidĂ©os plus « rentables » en termes de croissance. Parce que c’Ă©tait ce que tout le monde voulait. Parce que c’Ă©tait ce qui marchait. Et je le regrette sincĂšrement. Ce qui Ă©tait Ă  l’Ă©poque une excellente dĂ©cision professionnelle qui a permis une croissance rapide et Ă  beaucoup de collaborateurs de se faire connaĂźtre (dont certains en vivent largement aujourd’hui), est d’un point de vue Ă©thique bien plus discutable. Mais ce qu’il faut bien comprendre c’est que la demande Ă©tait globale. Que cette direction a Ă©tĂ© suivie par la quasi totalitĂ© des Youtubers du milieu.

Au bout d’un moment, on ne fait plus ce qu’on aime, on fait ce qui marche. Et il faut comprendre que ce n’est pas forcĂ©ment mal intentionnĂ©, car tout pousse Ă  cela. Quand tu subis l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale, malgrĂ© un travail acharnĂ©, et que tu sais qu’en parlant de tel film ou tel jeu vidĂ©o, tu vas forcĂ©ment faire des vues, au bout d’un moment la tentation est trop grande. On cĂšde une fois. Et on commence par se dire que c’est pour faire connaĂźtre notre vĂ©ritable travail, ce qu’on aime. Et puis on cĂšde une seconde fois. Et une troisiĂšme. Et au bout d’un moment, on a du succĂšs. Des scĂšnes, des fans. Parfois de l’argent. C’est grisant. On finit alors par ne faire que ça, confondre travail valorisĂ© et travail valorisant. Par associer inconsciemment l’idĂ©e de rĂ©ussite personnelle Ă  un travail finalement trĂšs impersonnel. Ne vous ĂȘtes-vous jamais demandĂ© pourquoi tant de vidĂ©astes sont interchangeables ? C’est parce que c’est le cas. L’immense majoritĂ© d’entre nous a toujours voulu aller dans ce sens. Dans le sens de la « rĂ©ussite », dans le sens… Des chiffres. Et c’est bien la plateforme, le milieu qui veut ça, par sa nature mĂȘme.

Je me souviens de cette personne Ă  qui je demandais « bon, tu veux faire quoi exactement comme contenu ?  » et me rĂ©pondait « Moi j’veux juste ĂȘtre une star« …

https://youtu.be/n8PASs0afXU?t=68

J’ai ma part de responsabilitĂ© dans le niveau du contenu qui a Ă©tĂ© produit, je ne le nie pas. D’un autre cĂŽtĂ©, comment rĂ©pondre Ă  une telle demande ? On m’a demandĂ© de faire connaĂźtre un collectif, d’en diriger la ligne Ă©ditoriale efficacement pour viser croissance et rentabilitĂ©. C’est ce qui a Ă©tĂ© fait. Mais je n’ai pas toujours cherchĂ© Ă  rendre le public plus intelligent, ni Ă  faire ce que j’aimais, et j’en suis dĂ©solĂ©. Je veux que vous sachiez que je n’ai pas la moindre fiertĂ© des 450 000 abonnĂ©s atteints par le travail du collectif, notamment pour ces raisons. Clairement : C’Ă©tait un travail de groupe constant, oĂč les gens ne travaillaient pas « pour » moi (quelle idĂ©e) mais bien pour leur propre rĂ©ussite Ă  travers la rĂ©ussite globale du collectif. Et mon rĂŽle consistait Ă  rendre le tout cohĂ©rent. J’aurais pu prendre une dĂ©cision inverse et encourager les vidĂ©os plus personnelles, mais beaucoup m’auraient lĂąchĂ© et tout cela n’aurait jamais dĂ©collĂ©, tout le monde y aurait perdu. Ce n’est pas une conjecture, il y a eu des essais, des constats, des choix de faits, collĂ©gialement, dans ce sens. Je crois aujourd’hui que ce collectif Ă©tait une erreur depuis le dĂ©but. J’ai depuis su tirer les leçons de tout cela.

C’est d’ailleurs aussi pour retrouver du sens dans ce que je faisais que je me suis concentrĂ© sur ma sĂ©rie Jetons-leur des Tomates Pourries qui dĂ©nonce des arnaques. Que je m’Ă©tais Ă©loignĂ© du collectif dĂšs dĂ©but 2017, bien avant sa fermeture. Ce que je fais n’est plus hyper-vendeur, mais j’essaie d’ĂȘtre utile. Je ne voulais plus Ă  tout prix ĂȘtre connu, je voulais ĂȘtre utile.

Un Youtuber qui faisait partie du groupe (et avec qui je ne me souviens pas avoir eu de problĂšme mais dont d’autres se moquaient pas mal), trĂšs connu aujourd’hui, l’avait vite quittĂ© avec ces mots « Je prĂ©fĂšre ĂȘtre un roi dans mon royaume que soldat dans ton empire« . Formulation trĂšs caricaturale, trĂšs grandiloquente-internet, mais assez vraie ! Je ne lui en ai d’ailleurs jamais voulu, il a Ă©tĂ© honnĂȘte et il avait raison de faire ce choix ! Ironiquement toujours, j’ai moi-mĂȘme voulu ĂȘtre roi dans mon royaume que de rester dans cet empire qui ne me rendait pas heureux quand je m’en suis Ă©loignĂ©.

Si je parle de ce collectif, c’est parce qu’il a gĂ©nĂ©rĂ© de plus en plus d’influence, justement. Il reflĂšte l’influence que j’ai pu expĂ©rimenter. Vous n’imaginez pas le nombre de gens qui m’ont approchĂ© pendant toutes ces annĂ©es pour en tirer un peu de lumiĂšre. Et ne pas dire oui Ă  tout le monde dans ce milieu, je vous laisse envisager l’image que cela donne de vous… Plus on devient connu, plus l’influence devient une vĂ©ritable monnaie, utilisĂ©e quotidiennement.

DĂšs le dĂ©part, nous voulions faire de ce collectif un genre de startup viable. C’Ă©tait clair dĂšs les premiers jours : Nous voulions idĂ©alement que nos membres puissent vivre de leurs crĂ©ations. Seulement quand une vidĂ©o fait 40 000 vues et rapporte 30€ c’est compliquĂ©.

Dans ce contexte, un jour un influenceur a utilisĂ© sa rĂ©putation pour nous convaincre de rejoindre un network. Pour ceux qui ne connaissent pas, le network est un intermĂ©diaire entre le youtubeur et YouTube, il donne des conseils et s’occupe Ă©ventuellement de te nĂ©gocier quelques opĂ©rations commerciales (on ne nous en a jamais proposĂ©es). Le network gardait 30% des bĂ©nĂ©fices que gĂ©nĂšrent la chaĂźne. Or, dans une chaine collective oĂč tout le monde est pressĂ© de gagner rapidement sa vie, ces 30% sont vite un frein, Ă  plus forte raison quand les services du network s’avĂšre dispensables. Mais nous avions rĂ©ellement besoin de ce network, car Ă  l’Ă©poque il « freinait » les plaintes de Youtube pour infraction au droit d’auteur. En effet, en dĂ©pit de mes conseils, les vidĂ©astes utilisaient des extraits de films ou musiques sous licences sans autorisation (dĂ©conseiller ces pratiques m’avait Ă©tĂ© fĂ©rocement et mĂȘme publiquement reprochĂ©…). Le network nous permettait de ne pas nous faire « prendre ». Il n’y avait lĂ  aucune rĂ©elle fraude, puisque cette utilisation Ă©tait dans le cadre du fair use, mais le bot ContentId de Youtube pouvait potentiellement supprimer la chaine en cas de surdĂ©tection. Pour ne prendre aucun risque, un network Ă©tait donc requis. Malheureusement, ce que l’influenceur ne nous avait pas correctement pointĂ©, c’est que l’engagement pour son network Ă©tait de 3 ans. Mais il Ă©tait connu, il avait l’air sympa, et nous avions confiance en lui. Toujours plus loin dans l’ironie, c’est que cette mĂȘme personne s’est permise de soutenir mes ex-collaborateurs quand j’ai Ă©tĂ© accusĂ© d’avoir exploitĂ© tout le monde… Pure bĂȘtise ou malice, Dieu seul le sait…

Tout au long de l’existence du collectif, j’ai nĂ©anmoins toujours suivi une valeur importante : Le partage de la visibilitĂ©, justement. Pendant toutes ces annĂ©es, j’ai fait monter sur ces scĂšnes qu’on nous prĂȘtait des dizaines de personnes diffĂ©rentes. Il est d’ailleurs « amusant » de noter que je ne suis pas Ă©tranger aux toutes premiĂšres scĂšnes de certains influenceurs qui n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  me jeter des cailloux. Chaque annĂ©e, presque Ă  chaque convention, j’essayais d’ouvrir le collectif Ă  des collaborations, de nouveaux membres, de nouvelles tĂȘtes. Pas pour la visibilitĂ©, mais vraiment pour que la crĂ©ativitĂ© tourne, l’effervescence ne supporte pas le statisme. Je remercie au passage les staffs de conventions qui nous ont fait confiance, pour croire en nous et nous prĂȘter les scĂšnes. Et ceux, moins nombreux, qui m’ont fait confiance plus tard. On nous a donnĂ© des scĂšnes, tout a Ă©tĂ© fait pour qu’on en tire le maximum. Pour placer mes collaborateurs, j’osais tout : Demander Ă  mettre des instruments sur une scĂšne dĂ©diĂ©e normalement aux jeux. RĂ©cupĂ©rer des demi-horaires. Accepter de remplir des absences de derniĂšre minute. C’est bien simple : Je courrais partout – ce qui expliquait qu’on me voyait rarement stand… C’Ă©tait particuliĂšrement stressant, j’avais la responsabilitĂ© d’un peu de tout. Un jour alors que nous faisions une scĂšne, concentrĂ© sur l’animation, je ne remarque pas l’avertissement du staff qu’il nous reste peu de temps. Au moment oĂč je fais la phrase pour dire merci et au revoir… Ils coupent net. Je sors donc de scĂšne et fais remarquer que ça ne se fait pas de couper ainsi en pleine phrase pendant qu’on finissait, et on m’envoie bouler. Une broutille totalement anecdotique, dont je n’ai eu aucun retour, sauf… 4 ou 5 ans plus tard, quand la staff en question s’est amusĂ©e Ă  profiter de l’affaire de mai 2019 pour raconter cette anecdote ridicule, Ă©videmment sous un angle accusateur. Motif ? « il a usĂ© de son influence contre moi pour me maltraiter alors que j’Ă©tais une si gentille staff ». Bah oui : Un dĂ©saccord de 10 secondes sur une scĂšne 4 ou 5 ans auparavant, ça justifie de contribuer Ă  dĂ©truire publiquement une personne. Enfin, voyons, c’est Ă©vident. Et vous vous doutez bien qu’elle m’aura contactĂ© directement pour mettre les choses au clair, n’a jamais cherchĂ© Ă  m’en parler directement, auquel cas je me serais d’ailleurs sans doute excusĂ© si elle avait perçu mon comportement comme trop expĂ©ditif. MĂ©fiez-vous : Ce milieu peut ĂȘtre extrĂȘmement mesquin et rancunier.

Bref, un stress permanent. Mais le rĂ©sultat Ă©tait lĂ  : Croissance au top, et nous avions beaucoup, beaucoup de scĂšnes. Encore une fois, je ne m’octroie pas Ă  moi seul les mĂ©rites du « succĂšs » du collectif, j’explique mon rĂŽle dans tout ça. La rĂ©ussite Ă©tait bien Ă©videmment gĂ©nĂ©rale. Toutefois, quels que soient les mots avec lesquels chacun essaie de s’attribuer les mĂ©rites d’un succĂšs collectif, depuis toutes ces annĂ©es aucun d’entre nous n’a jamais rĂ©ussi Ă  le reproduire ni atteint le nombre d’abonnĂ©s pourtant si prĂ©cieux et revendiquĂ© par mes pairs. Tant de guerres pour de simples vidĂ©os… Et tout ça pour rien au final… J’en rirais si il n’y avait pas eu les consĂ©quences que l’on sait.

Pour en revenir Ă  l’anecdote de l’influenceur qui paye en visibilitĂ©, il y a transfert de valeur : Elle ne se situe plus dans l’argent, mais dans ce qui peut produire l’argent, Ă  savoir la visibilitĂ©. A la limite pourquoi pas ! C’est construire sa croissance pour gagner plus dans l’avenir… Seulement lĂ  oĂč ça pose problĂšme, c’est quand l’accord n’est pas clair dĂšs le dĂ©but. Si un influenceur propose de la visibilitĂ© en Ă©change d’un service ou d’un produit, s’il y en a que ça intĂ©resse, pourquoi pas aprĂšs tout. Mais si ce n’est pas clairement dĂ©fini dĂšs le dĂ©but, on part sur une espĂšce de jeu d’influence, pas toujours bien sain. L’influenceur en question avait mĂȘme, pas trĂšs subtilement, suggĂ©rĂ© Ă  mon collaborateur de nous larguer. Grande classe.

L’influence du collectif m’a servi pour des causes que je trouvais intĂ©ressantes. Avant tout pour mettre en avant des crĂ©atifs. Anecdote amusante : Je mettais tellement en avant les autres plus que moi-mĂȘme, que jusqu’en 2016 les partenaires qui s’intĂ©ressaient au collectif ne voulaient mĂȘme pas me parler, croyant que je n’en faisais pas partie ! C’est lĂ  que je me suis dit qu’il devenait ridicule de ne pas se mettre un minimum en avant. Il faut bien ĂȘtre un minimum crĂ©dible aux yeux des partenaires externes et commerciaux… Vous allez peut-ĂȘtre me trouver revanchard, mais notez que c’est tout de mĂȘme une anecdote Ă©tonnante pour quelqu’un qu’on a accusĂ© d’avoir la grosse tĂȘte et un Ă©go surdimensionnĂ© !

Du dĂ©but Ă  la fin, les candidatures Ă  tous niveaux Ă©taient ouvertes. J’ai choisi, et accueilli des dizaines de gens qui sont allĂ©s et venus dans le collectif. D’ailleurs, Ă  force de trahisons dont j’ai dĂ©jĂ  parlĂ© dans les chapitres antĂ©rieurs, j’ai dĂ©veloppĂ© une certaine mĂ©fiance.

Il y avait cet ex-collaborateur qui a tentĂ© de me salir sur les rĂ©seaux et en messages privĂ©s auprĂšs de mes contacts pendant des annĂ©es… « Ouais Cyrix j’ai travaillĂ© avec lui c’est un exploiteur », « il se prend pour Dieu », « il est manipulateur » etc… Ces rumeurs datent du dĂ©but mĂȘme du collectif et ça part de lĂ . J’ai gardĂ© un dossier de preuves assez solide en cas de rĂ©cidive d’ailleurs. A l’Ă©poque je ne voulais pas porter plainte pour Ă©viter qu’on ne connaisse mon nom (qui a fuitĂ© depuis). Je ne me gĂȘnerais pas pour le trainer en justice aujourd’hui… L’anecdote, dans tout ça, c’est que cette personne… Me demandait rĂ©guliĂšrement de lui faire de la pub via le site du collectif (messages que j’ai conservĂ©s). Ce que, ignorant ses actions, je faisais systĂ©matiquement. Je me suis toujours demandĂ© comment les gens pouvaient trouver crĂ©dible quelqu’un qui faisait sa pub chez celui qu’il prĂ©tendait dĂ©noncer…

Le collectif, par nature, devait ĂȘtre ouvert. Une partie de son activitĂ© visant la rentabilitĂ© (qui a dĂ©coulĂ© en formation d’une SAS, avec associĂ©s, salaires etc), quand l’autre partie relevait du bĂ©nĂ©volat (mise en avant de crĂ©ations amateurs, collaborations amateurs etc). Et lĂ , l’erreur fatale : Vouloir faire les deux justement.

Parce que trĂšs rapidement les gens ne voulaient plus voir la distinction entre amitiĂ© et travail; Entre hobby amateur et entrepreneuriat. Les tensions et accusations Ă©taient constantes. Exemple : Nous avions un projet crĂ©atif, il y avait dessus des bĂ©nĂ©voles (bien sĂ»r j’ai toujours Ă©tĂ© trĂšs clair dĂšs le dĂ©but pour tout ce qui relevait du bĂ©nĂ©volat, je n’ai jamais promis d’argent sans rien payer). Puis le projet est devenu plus sĂ©rieux et il a Ă©tĂ© question d’en rĂ©munĂ©rer les auteurs. Parfait, et puis une autre personne qui voulait aider a demandĂ© Ă  nous rejoindre. J’ai expliquĂ© Ă  un collaborateur qui servait d’intermĂ©diaire que je ne pouvais pas intĂ©grer une personne supplĂ©mentaire, car ce qu’allait potentiellement rapporter le projet ne suffirait jamais Ă  le rĂ©munĂ©rer correctement, tout travail mĂ©rite salaire. Ce que le collaborateur en question a rapportĂ© Ă  l’autre ? « Il veut pas de toi il veut pas te payer« . C’Ă©tait tout comme ça, tout le temps. Au bout d’un moment, j’essayais de contrĂŽler la communication pour Ă©viter qu’on dĂ©forme ainsi mes paroles, et voilĂ  qu’on m’accusait de « vouloir tout contrĂŽler »…

Je tire la conclusion aujourd’hui que le collectif Ă©tait une (trĂšs) mauvaise idĂ©e dans ce milieu, d’ailleurs beaucoup d’autres s’Ă©croulent rĂ©guliĂšrement, mais de belles choses ont aussi Ă©tĂ© faites. Des choses qui ont Ă©tĂ© systĂ©matiquement mises en avant, pour amĂ©liorer notre image (et notre croissance), alors pourquoi en parler ici ? Nous avons soutenu des causes caritatives (bon, mĂȘme si on m’a accusĂ© d’avoir dĂ©tournĂ© l’argent… Alors que les dons se faisaient directement sur le site de l’association http://montronscequenousavonsdansleventre2014.alvarum.com/thomascyrix ; bonjour la parano), j’avais mĂȘme organisĂ© le sauvetage financier d’un Manga CafĂ© dans ma ville et participĂ© au lancement commercial d’une startup de jeu. J’ai fait de chouettes rencontres, dont beaucoup sont restĂ©es des amis.

En lisant ces lignes, vous vous dites peut-ĂȘtre « oh la la, il ne fait que se plaindre »… Oui c’est assez vrai. Je l’avoue, je n’ai pas l’intention de transformer les faits et mon ressenti pour donner une image plus lĂ©gĂšre et positive de la rĂ©alitĂ© du milieu. Il n’y a toutefois pas que des mauvaises personnes. Je frĂ©quente les gens de la Thomatoteam actuelle depuis 2018 (ou avant pour certains), sans jamais de dramas ni de problĂšme, et des collaborations super. Je les remercie et salue leur talent. Dommage que j’ai mis des annĂ©es avant d’apprendre Ă  correctement m’entourer.

 

L’influence c’est Ă  double tranchant. On peut s’en servir pour faire le bien. Ou pour faire son propre bien. Certains, les pires, s’en servent mĂȘme pour faire du mal aux autres. Les jeux d’influence Ă©taient permanents.

Je me souviens de cette convention oĂč nous avions invitĂ© un influenceur assez important. Et de ce collaborateur qui s’Ă©tait plaint Ă  moi que ce dernier ignorait ses messages… Pour mieux aller draguer sa copine. Je vous avoue qu’aujourd’hui j’ai des raisons de douter de la vĂ©racitĂ© de ses accusations…

Les gens venaient souvent se plaindre Ă  moi. Quasiment tout le monde s’est plaint de chacun des autres Ă  moi au moins une fois. Et parfois c’Ă©tait bien plus grave. En tant que « fondateur dirigeant » du collectif, il y avait une certaine influence, lĂ  aussi. Et lĂ  aussi, Ă  double tranchant.

L’un de nos collaborateurs produisait un contenu jugĂ© par tous les autres de mĂ©diocre qualitĂ©. Individuellement, sur plusieurs mois, ils venaient me dire « tu as vu ce qu’il fait lui ? Ça va vraiment pas, c’est nul, malaisant » etc… Un jour j’ai eu assez de cette hypocrisie et j’ai dĂ©cidĂ© de prendre le taureau par les cornes. Tous en cercle, j’ai tentĂ© d’expliquer Ă  la personne concernĂ©e les problĂšmes reportĂ©s. Aussi fou que ça puisse paraĂźtre, tous les autres m’ont regardĂ© comme s’ils Ă©taient Ă©trangers Ă  tout cela. Je me suis retrouvĂ© seul Ă  devoir expliquer des choses que l’on m’avait progressivement chargĂ© de mettre au point… C‘est ça aussi avoir une relative influence, se faire lĂącher par les gens qui te poussent Ă  agir.

Pendant des annĂ©es, je n’existais qu’Ă  travers l’image du collectif. Moi ça ne me dĂ©rangeait pas, enfin jusqu’Ă  ce que certains problĂšmes apparaissent bien sĂ»r. En convention, j’ai rencontrĂ© cette influenceuse… SidĂ©rante.

« Ouais alors c’est toi le collectif lĂ  ? Ouais c’est cool – alors j’ai rĂ©flĂ©chi mais je pense que je vais pas le rejoindre, c’est pas trop mon truc les dĂ©lires communautaires !! »

Wow. Genius. Personne lui avait jamais proposĂ© de nous rejoindre. Mais elle partait du principe qu’on la dĂ©sirait chez nous. Humble. Toujours plus loin dans l’ironie, il s’agit d’une personne qui revendique sa sagesse.

Toujours en convention (la mĂȘme il me semble !) les fans nous approchaient. L’un d’eux m’approche et :

« Hey c’est toi Cyrix le patron ? Ouais je voudrais investir toutes mes Ă©conomies, 10 000€ dans ton collectif là »

Moi : « Euh… C’est gentil mais on n’a pas besoin d’investisseurs 🙂 L’argent des vidĂ©os est redistribuĂ© intĂ©gralement aux crĂ©ateurs, je ne saurais rien faire de cette somme… »

Lui : « Ouais c’est pas grave, allez 5000€ au moins ? »

Moi : « Euh… Non dĂ©solĂ© ça ne va pas ĂȘtre possible… »

Quand tu as de l’influence, certains commencent Ă  penser que tu es forcĂ©ment riche. Et peux dĂšs lors les rendre riches. Et pour d’autres, c’est mĂȘme une Ă©vidence. D’autres pensent que tu as des contacts, un temps et des moyens illimitĂ©s. D’autres encore que tu es lĂ  pour rĂ©soudre tous leurs problĂšmes, et surtout leurs problĂšmes personnels.

Anecdote ! Une collaboratrice qui s’Ă©tait engagĂ©e Ă  produire quelque chose dont d’autres dĂ©pendaient, avait pris un retard qui nous mettait dans l’embarras. Je lui fais remarquer.

« Nan mais tu comprends, j’ai des problĂšmes personnels, voilĂ  y’a ci et ça… T’es mon ami, tu dois comprendre… »

Moi, d’une naĂŻvetĂ© confondante : « Ok pas de souci, en tant qu’ami je comprends on en parle, prends ton temps » (et je vous Ă©pargne les soirĂ©es Ă  en parler).

Plus tard, cette mĂȘme personne va provoquer une situation personnelle susceptible de nuire au collectif. Je dĂ©cide alors de lui en parler, en tant qu’ami.

« Nan mais ça va pas ?? Respecte ma vie privĂ©e t’es mon collĂšgue point« 

…Ah, l’amitiĂ© Ă  gĂ©omĂ©trie variable, selon que ça arrange ou non… Une leçon que j’aurais aimĂ©e connaĂźtre avant de la vivre, et que je tenais Ă  vous partager. Ne mĂ©langez pas amitiĂ© et travail, dans certains milieux vous risquez de violemment vous faire avoir.

Toujours dans les jeux d’influence, j’avais dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© la « cour » qui entoure certains vidĂ©astes de premier plan. Laissez-moi vous partager un autre souvenir :

Dans une grande convention, il y avait une scĂšne. Pour ne pas avoir Ă  prĂ©parer quoi que ce soit (et bien que sa venue soit largement rĂ©munĂ©rĂ©e d’ailleurs mais c’est une autre question), le vidĂ©aste fait une Foire Aux Questions de 40 minutes sur scĂšne. Il s’agit simplement de se poser sur une chaise prendre un micro et rĂ©pondre aux questions des fans, ce qui, sachez-le, peut ĂȘtre rĂ©tribuĂ© par un salaire Ă  4 chiffres selon le profil et la convention, pour les plus gros uniquement. Oups, pardon, c’est vrai, il faut pas trop en parler, on vient en convention que par passion et par amour pour vous. Donc le gars monte sur scĂšne, s’assoit et pendant 40 minutes rĂ©pond mollement aux questions, assistĂ© par un animateur dynamique, payĂ© par la convention. Plus tard en salle VIP, je croise l’animateur, qui m’ignore. Puis je l’entends parler du vidĂ©aste en question Ă  un collĂšgue :

« Ouais ce vidĂ©aste il est juste incroyable !! C’est une vraie bĂȘte de scĂšne !!! »

Je vous jure que le concernĂ© avait simplement parlĂ© pendant 40 minutes tout comme n’importe lequel d’entre nous le ferait au tĂ©lĂ©phone. Mais l’anecdote ne s’arrĂȘte pas lĂ . Quelques temps plus tard, je retrouve ce mĂȘme animateur sur une autre scĂšne. On discute briĂšvement, il me pose une question, je rĂ©ponds, et le voilĂ  qui se met Ă  rire, mais rire ! Je n’avais pourtant fait usage d’aucun humour dans ma rĂ©ponse. J’imagine que le nombre d’abonnĂ©s du collectif avait entre-temps fait de moi Ă©galement une « bĂȘte de scĂšne » ? 😀

L’influence due au nombre d’abonnĂ©s talent et au charisme irrĂ©sistible est trĂšs importante sur le milieu. Tout s’adapte. Les gens, les comportements, les chiffres… MĂȘme l’amour ! Au vu du nombre d’affaires qui sortent rĂ©guliĂšrement oĂč des YouTubers cĂ©lĂšbres auraient profitĂ© de leur statut pour user (et abuser?) des jeunes filles, il est inutile que je vous en raconte une Ă©galement. Allez, juste une petite pour la route ?

J’Ă©changeais rĂ©guliĂšrement avec une fan que je trouvais sympa. Elle avait proposĂ© son aide au collectif, on rigolait bien tout ça. Et un jour, Ă  l’occasion d’une discussion, j’en viens Ă  citer un gros youtubeur bien connu. Je la vois changer d’expression, et me dire qu’elle Ă©tait pas spĂ©cialement fan. Pour dĂ©tendre l’atmosphĂšre, je blague « ça va, t’as pas couchĂ© avec » (c’Ă©tait le niveau d’humour que nous avions, rien de mĂ©chant, est-il nĂ©cessaire de le prĂ©ciser ?).

La voilĂ  alors qui se met Ă  fondre en larmes ! Et j’apprends que cette personne aurait Ă©tĂ© victime de celui qu’on Ă©voquait. La grosse gĂȘne, j’ai pas compris tout de suite, et aprĂšs, beaucoup d’empathie tout ça…

C’est lĂ  que j’ai compris que le milieu avait un problĂšme profond. C’Ă©tait la premiĂšre fois que je voyais la rĂ©alitĂ©, l’envers du dĂ©cor. C’Ă©tait au tout dĂ©but.

A l’inverse, j’ai assistĂ© au parfait contre-exemple.

Une fille arborait un cosplay assez reconnaissable, et passait prĂšs du stand en racontant Ă  son amie…qu’elle aurait Ă©tĂ© violĂ©e dans son sommeil par son copain vidĂ©aste (en mode confidence dans le plus grand des calmes). Je recroise cette mĂȘme personne dans une file de dĂ©dicace le lendemain, sans son amie, au moment oĂč elle demande un autographe au youtubeur dont elle parlait la veille en des termes relevant d’une intimitĂ© certaine.

« Saluuuut hihihi !! Alors moi c’est Emma, mais tu peux m’Ă©crire un autre autographe pour mon amie Eve qui a pas pu venir ?? »

… Il Ă©tait absolument irrĂ©fragable qu’elle lui parlait alors pour la premiĂšre fois. Aussi sĂ»rement qu’elle l’avait accusĂ© de viol la veille auprĂšs de son amie. Il y a des histoires de fous dans ce milieu. Je pourrais en Ă©crire un livre entier d’anecdotes comme ça. D’ailleurs c’est plus ou moins ce que je fais.

Je ne rentrerai dans aucun dĂ©bat, mais vraiment, mĂ©fiez-vous de toutes les accusations. Mais mĂ©fiez-vous aussi des accusĂ©s. Quand on a connu ce milieu comme je l’ai connu, on perd un peu foi dans les gens au bout d’un moment…

J’aimerais terminer ce chapitre en vous parlant du Cowboy. C’est le pseudo que j’ai choisi pour Ă©voquer un type qui a plutĂŽt bien jouĂ© des coudes et acquis une certaine influence auprĂšs de conventions, qu’il nĂ©gocie Ă  loisir.

Je l’avais rencontrĂ© en convention, en salle VIP (dĂ©cidĂ©ment, il s’en passe des choses en salle VIP ! ). Il y avait trois chaises autour d’une table basse, j’Ă©tais assis avec un collĂšgue. Et voilĂ  le Cowboy qui arrive, essayez d’imaginer visuellement :

  • Il tire sa chaise, s’assied, passe ses mains derriĂšre sa tĂȘte en allongeant ses jambes sur la table basse, et nous dit « Vous, j’aime bien ce que vous faites, je vais vous faire passer partout ».

Ce qu’il ignorait c’est qu’on n’avait pas besoin de lui pour ça, on avait dĂ©jĂ  beaucoup de contacts en commun. Mais vous voyez le genre. Sa discussion Ă©tait ponctuĂ©e de sorties relevĂ©es, du style :

« Tu me rends un service et je te rendrais un service, tu vois ? »

Oui, je vois bien. J’ai entendu la mĂȘme phrase dans un film. Lequel Ă©tait-ce dĂ©jĂ … Ah oui. Le parrain. Assez rapidement il a commencĂ© Ă  mĂ©dire sur untel ou untel… Avec parfois une agressivitĂ© dans la voix… Ce genre de profil peut avoir une position clĂ© dans le milieu.

Ma conclusion ? Il y a de vĂ©ritables crĂ©atifs pleins de bonne volontĂ©. Pour les reconnaĂźtre, il faut se concentrer sur ceux qui tentent rĂ©ellement d’apporter quelque chose, et non ceux qui se contentent de surfer sur toutes les pirouettes et gesticulations Ă  la mode. Eloignez-vous des recommandations et camĂ©os, et vous dĂ©couvrirez dans les abysses de YouTube des petites chaines de gens passionnĂ©s et passionnants, sur qui les jeux d’influences n’ont (encore?) pas de prise.

Vous pouvez apporter vos propres témoignages en commentaire; une seule rÚgle : anonymisez tout, soyez dignes, nous sommes là pour partager des expériences et non salir des gens.

Les faits prĂ©sentĂ©s ici sont bien rĂ©els. Mais pour respecter l’anonymat, les lieux, dates, et caractĂ©ristiques des personnes ont Ă©tĂ© changĂ©s.

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(4) Commentaires

  1. Elie-san

    C’est qu’il y a dire. Bon, si ça compte comme tĂ©moignage ou avis d’un spectateur de longue date sur un aussi lourd dossier, si ça peut apporter ne serait-ce qu’un petit quelque chose, c’est toujours ça de pris.

    Toujours est-il que le fin des annĂ©e 2010 coĂŻncide avec bien des choses concernant youtube. Tes 3 articles (dont tu viens de poster le dernier sur le sujet) ne font que confirmer le malaise qui s’installe depuis bien des annĂ©es. Encore plus au vu du martĂšlement publicitaire/pop-up et consort que la plateforme semble avoir mis en place ces dernier mois.
    J’ai finalement garder mes abonnements Ă  cause du peu de contenu que j’y apprĂ©cie encore.

    Comme une bonne part, j’ai suivi Voxmakers (toi inclus) depuis le dĂ©but. MĂȘme si ça remonte Ă  fin 2011 pour celui avec qui tu avait fondĂ© ce collectif (je l’ai mĂȘme vu une premiĂšre fois Ă  une petite convention au Sud de la capitale).
    Dans les mois suivant, j’ai dĂ©couvert le contenu de chacun du collectif que j’ai pu rencontrer en live en 2013 (je traitais des dossier installation de la fibre optique. Ce n’est pas grave du tout si tu ne t’en souviens pas. Hormis pour juste se souvenir d’un visage, ce n’est pas important ici).

    La premiĂšre, dans la petite convention. La suivante, dans la plus grande au monde aprĂšs le Comiket. Puis quasiment chaque annĂ©e, mais toujours la mĂȘme rĂ©gion, Ă  chaque convention oĂč vous Ă©tiez. PrĂ©sents totalement ou en partie.

    Vous Ă©tiez mĂȘme devenus les seuls motifs valable de me rendre convention (au vu du caractĂšre trĂšs mercantiles, et de la frĂ©quentation plus vraiment Ă©quitable sur les tranches d’Ăąges, que ces festivals sont devenus. Hormis la premiĂšre mentionnĂ©e qui reste d’une dimension trĂšs conviviales, surtout lors de leurs nocturnes).

    Les autres youtubers ? En fait, vous Ă©tiez les premiers.
    Je ne connaissais pas vraiment Antoine Daniel. Pareil pour Mathieu Sommet l’annĂ©e suivante.
    Si je les mentionne, c’est peut-ĂȘtre qu’une interprĂ©tation de ma part, mais je crois que quand ils avaient quittĂ©s youtube, jusqu’Ă  il y a 2 semaines, je pense que je n’avais pas idĂ©e de toute les raisons (si celles qu’ils avaient Ă©voquĂ©e Ă©taient les seules ou non). Et encore, il faudrait demandĂ© aux concernĂ©s ainsi qu’Ă  bien d’autre (qui qu’ils soient) qui ont refusĂ© le cheminement mercantile de la plateforme.

    Maintenant, je me rends compte du degrĂ© de rĂ©alisme de la derniĂšre sĂ©rie de vidĂ©o faite par Mathieu. Pas autant Ă  l’Ă©poque car je ne surfais pas sur du contenus idiots (humour pourri, titre et vignette accrocheur).

    Pour les spectacles « On vient d’internet », c’est assez ironique.
    ça dĂ©nonçait le putaclic, peut-ĂȘtre les sponsor et bien des pratique actuel sur youtube, pour finir par utiliser ces mĂȘme pratique. De maniĂšre modĂ©rĂ©, ça se discute peut-ĂȘtre encore.
    AprĂšs, j’en comprends la forte tentation que tu dĂ©cris.

    Puis est arrivĂ© 2017 et la dissolution de voxmakers. J’ai vu comme une page qui se tournait mais une Ă©volution qui se poursuivait (petit pincement pour le cotĂ© nostalgique et changement).

    J’ai continuĂ© Ă  apprĂ©cier les animations mĂȘme si je n’ai gardĂ© que ceux que je voulais vraiment suivre (c’Ă©tait marre d’avoir 30 vidĂ©os par jours. Bon, beaucoup moins mais quand mĂȘme).
    J’ai achetĂ© vos goodies (pas tous mais un temps, une bonne part) en sachant que ça vous supportait pour vos crĂ©ation (j’ai des doutes depuis l’affaire) en plus d’avoir quelques « ptite merdouille » sympatoche (j’en ai jetĂ© depuis. usure, encombrement ou autre).

    MĂȘme quand une ex-collaboratrice (Ă  la convention conviviale) m’a mentionnĂ© un rythme Ă©reintant dans la rĂ©alisation d’un clip vidĂ©o (Ă  l’encontre d’un de tes accusateurs ex-collaborateur), j’ai suivi un peu bĂȘtement le principe de sĂ©paration de l’artiste et de la personne (ironique que celui qui a dit ça s’est torchĂ© avec (justement certes, mais hypocritement quand mĂȘme) lors des dernier CĂ©sar).
    Je soupçonne qu’il y ait plus grave mais ne vais rien dire par absence de preuve.

    Puis, est arrivĂ© l’affaire Voxmenteur. Je n’ai plus de rĂ©seau sociaux depuis longtemps. Surtout parce que c’est chronophage et Ă  cause de la toxicitĂ© que c’Ă©tait devenu.

    Dans un premier temps, scandalisĂ©, dĂ©sabonnement et c’est tout. Puis Ă  plusieurs reprise je me suis rĂ©abonnĂ©/redĂ©sabonnĂ© de ta chaĂźne du fait de la qualitĂ© de ton contenu que j’apprĂ©cie encore sans ĂȘtre d’accord avec tout.

    À la derniĂšre grande convention (2019), je n’ai bizarement plus autant apprĂ©ciĂ© le peu de raison d’y aller (hormis une ou 2 animations). L’ambiance bruyante n’aidant pas, il faut le prĂ©ciser.
    Je ne leur avais rien achetĂ© (dĂ©jĂ , lors de convention prĂ©cĂ©dente, il n’y avait plus grand chose de nouveau de leurs spectacles etc…).

    Cela dit, le peu que m’avait dit l’ex-collaboratrice m’a un peu fait TILT les mois suivant et peut-ĂȘtre encore plus maintenant.

    Plus de convention depuis (sauf une nocturne dĂ©but d’annĂ©e 2020) pour la raison que nous connaissons tous.

    Puis, tes articles qui m’ont amenĂ© lĂ . Cette fois, c’est les autres que j’avais supprimĂ© une journĂ©e avant de me rĂ©abonner (surtout Ă  cause du surplus de contenu, et de ce que tu as rĂ©vĂ©lĂ©).

    Ce qui en est aujourd’hui, j’ai quittĂ© Paris pour de bon ^^
    Bon c’est vrai mais sinon (en dehors de ce bond dĂ» Ă  des projets perso se concrĂ©tisant), je reste abonnĂ©. Pas du tout pour te faire plaisir (ce qui ne cherche pas au vu de tout ça) ou pour le plaisir de tes anciens collaborateur (dont j’en soupçonne certain de connivence avec la toxicitĂ© des rĂ©seau sociaux, surtout au vu des affaire sociales controversĂ©es des dernier mois, et je redoute celle dĂ©marrant suite Ă  ce qui s’est passĂ© il y a peu).

    C’est parce que, j’apprĂ©cie encore (au moins en partie) les contenus.
    Je ne regrette en rien les bon moment que j’ai passĂ© en convention.
    Peut-ĂȘtre certains goodies (pas uniquement des vox) mais bon, ça reste pour le cotĂ© « soutiens d’artiste » que je doute dĂ©sormais (pas totalement ni pour tous les cas mais quand mĂȘme).

    Je constate que chacun a ses raisons et ses torts. On verra bien tout ce que ça donnera.
    ça ne m’apportera pas plus au vu de ce que je dois gĂ©rer dans ma vie .

    « Youtube l’envers du dĂ©cors » ou « Versailles Ă  la sauce Internet » (parce que ça m’a tellement fait penser Ă  la cour toxique de ce cher Louis. Loin d’ĂȘtre un cas unique ou passĂ©, j’en suis conscients).
    Y aurait à comparer avec un collÚge/lycée que ce ne serait pas si déplacé.
    ça rajoute juste une touche Ă  l’écƓurement de ce monde et de nos sociĂ©tĂ© -.-‘
    Le pire, c’est qu’on en prend un peu l’habitude.

    J’espĂšre que ça n’a pas Ă©tĂ© trop long, ni trop chiant ou dĂ©primant et qu’il n’y a pas trop d’incohĂ©rence.

    Que ça serve ou pas, je voulais au moins écrire et donner un avis.
    Bonne journée/soirée/nuit selon le moment.

    1. Thomas Cyrix

      Merci pour ton commentaire. Je me rappelle bien de ton pseudo, l’installateur de fibre m’Ă©voque quelque chose mais je reconnais que le visage m’Ă©chappe 😛 (il faut dire que j’en ai vu beaucoup, dĂ©solĂ©).
      « chacun a ses raisons et ses torts »
      Je ne suis pas d’accord avec cette logique : vous avez tous vu ces ex collaborateur tout faire pour me dĂ©molir dĂ©finitivement et que « plus personne ne travaille avec moi ». En revanche leurs accusations ne sont que des conjectures irrĂ©alistes. D’un point de vue extĂ©rieur il n’y a pas de torts partagĂ©s…
      Pour le reste, je vois trĂšs bien de quelles conventions tu parles, ainsi que des personnes citĂ©es sur qui j’ai mon idĂ©e. Si tu le souhaites je t’invite Ă  Ă©changer plus avant en me contactant directement par email 🙂
      Merci encore

  2. Tsukopathe

    Reuh.
    IntĂ©ressant comme point de vue encore… Du coup, toujours de mon cĂŽtĂ© fanzineuse, ton tĂ©moignage est relativement proche de ce que j’ai vu Ă  droite Ă  gauche… toutes proportions gardĂ©es. (et un temps aussi, j’ai Ă©tĂ© dans le staff Japan Expo et cĂŽtĂ© orga aussi, y’a une hiĂ©rarchie qui mange cher)
    Y’a aussi des « redac’chef » dans le monde du fanzinat, et trĂšs souvent c’est un peu ingrat. Quand bien mĂȘme notre fanzine reposait beaucoup sur mes Ă©paules (/mode ouinouin) (3/4 des bd, une bonne partie des illustrations, les bonus les articles, et SURTOUT l’interface, que personne ne voulait se coltiner ^^) JAMAIS je n’aurai voulu de la place d’un redac’chef. Il s’en est succĂ©dĂ© 3.5 (le troisiĂšme Ă©tait un duo ^^) par chez nous, et par chance, la controverse ou les putch, on n’en a pas eu. Dans l’ensemble on Ă©tait parvenu Ă  maintenir, tant d’un cĂŽtĂ© une communautĂ© dĂ©cisionnelle (on ne prenait pas une dĂ©cision tant qu’on n’avait pas fini des nĂ©gociations), et surtout parce qu’on Ă©tait parvenu Ă  maintenir l’Ă©coute entre tous les niveaux. Si un pĂ©on broyait du noir de son cĂŽtĂ© en ruminant une dĂ©cision, un autre tiers-pĂ©on allait voir pourquoi, l’incitait Ă  prendre contact avec le redac’chef tout en prĂ©venant ce dernier qu’il allait prendre une soufflante, le tiers-pĂ©on restant dans les parages au cas oĂč ça dĂ©rape mais en ne restant pas comme un paparazzi).
    de fait, c’Ă©tait une structure plutĂŽt salubre, quoi qu’Ă©prouvante pour les redac’chef quand mĂȘme (parce qu’ils avaient un nettement moins grand pourcentage de leur activitĂ© axĂ©e sur le fun, contrairement Ă  nous).
    MAIS (/mode languedepute enclanchĂ©) on Ă©tait une exception et les DRAMAS ont explosĂ© autour de nous, c’Ă©tait pas beau Ă  voir… Nous comme des benĂȘts on tentait de voir si on pouvait les aider Ă  recoller les morceaux, mais gĂ©nĂ©ralement on finissait en bouillie de dommage collattĂ©ral.
    Voir ça nous a servi d’avertissement : ça a aidĂ© Ă  ne SURTOUT PAS jouer les dĂ©lateurs, Ă  lancer des rumeurs, Ă  dĂ©nigrer dans le dos et pire du pire ne RIEN FAIRE pour arrondir les angles. On a vu ça bien des fois arriver, certains fanzines s’en sont relevĂ©s, on se demande comment. (je dramatise, y’a pas TANT de fanzines qu’ont implosĂ©, mais le peu oĂč on Ă©tait dans les parages, c’Ă©tait TRAUMATISANT.)
    Du coup, notre collectivitĂ© a dĂ» s’arrĂȘter, mais dans la douceur et sans reproches, sans cri, rien, on a appris Ă  Ă©viter le drama. Franchement pour un noyau dur d’une petite dizaine de personne (dĂ©jĂ  un bon potentiel de baston), c’Ă©tait un petit miracle.
    Je crois qu’on Ă©tait le fanzine des bisounours…
    … (ils me manquent, hein ? ça se sent ? non ?^^)
    Et encore une fois, je crois que taper sur les patrons c’est Ă  la mode depuis un sacrĂ© moment, c’est une place pas facile, certains boss sont vraiment des pourris certes, mais le plus souvent des incompris, sur qui on colle tous les echecs tout en gardant pour soi les rĂ©ussites rĂ©siduelles…
    BREF, groooosse compassion sur toi Thomas encore, je trouve ça dommage que cette affaire ait Ă  ce point rĂ©duit tes vĂ©llĂ©itĂ©s Ă  poursuivre coĂ»te que coĂ»te une carriĂšre, mais en mĂȘme temps, quand on voit le milieu, mĂȘme en solo, ça dĂ©moralise un peu…

    1. Thomas Cyrix

      Merci 🙂
      Tu as raison, taper sur les patrons c’est facile, et Ă  la mode…
      En attendant, ta compassion me touche.

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